Photographie représentant le contenu d’un carton après sa préparation à la numérisation

Comment la présence de compétences internes en conservation-restauration et en numérisation permet de rendre accessible des fonds complexes ?

Modifié le 05/05/2026

Illustration par 3 cas de traitement de fonds aux Archives nationales d’outre-mer

Les 3 exemples présentés mettent en relief l’intérêt d’internaliser les compétences et les expertises de restaurateurs et de photographes dans un service d’archives patrimoniales tel que les Archives nationales d’outre-mer. Cette synergie permet d’optimiser les opérations et leur répartition tant du point de vue des moyens disponibles que de la qualité des interventions réalisées, pour permettre aux lecteurs d’accéder à ce patrimoine fragile.

  • Optimiser la qualité des prises de vue : la numérisation des carnets du fonds Barthélemy Huet de Froberville (1761-1835) sous la cote 344 APOM

Ce fonds d’archives, entré aux ANOM par donation en octobre 2023, comprend huit carnets manuscrits de l’ethnographe Eugène de Froberville (1815-1904) correspondant à l’ensemble de son matériel de terrain collecté en 1846-1848 pour son enquête ethnographique à l’île Maurice et à La Réunion. Ils contiennent des questionnaires d’enquêtes, des dessins, des partitions musicales ou encore des vocabulaires de dialectes. 

Les photographes ont profité du moment où les carnets avaient été dé-reliés par les restaurateurs pour les numériser, permettant ainsi de maintenir les feuillets parfaitement à plat sans risquer de tirer sur les points de couture de la reliure. La qualité de la numérisation et, in fine, de la lecture est ainsi sensiblement améliorée.

  • Associer les expertises - analyse des contraintes, aide à la manipulation : les 108 registres du fonds Inde série A

Ces registres ont été produits par la Compagnie des Indes entre 1701 et 1825. 

Signalés en mauvais état dès 1914 par Alfred Martineau, gouverneur des établissements français de l’Inde (voir inventaire des archives de l’Inde française), leur état de dégradation est particulièrement préoccupant. La mauvaise qualité du papier associée à des conditions de conservation inadaptées sont sans doute à l’origine de l’oxydation des supports et des encres, brunis et friables, rendant les écritures difficilement lisibles et les pages parfois impossibles à manipuler. 

Une expertise associant restaurateur et photographe a permis de distinguer les registres dont la restauration et/ou la numérisation pouvaient être externalisées de ceux pour lesquels une prise en charge interne constituait une réelle plus-value. L’aide des restaurateurs lors de la manipulation permet aux photographes de numériser les folios friables en l’état et évite leur consolidation par doublage, opération susceptible de réduire la lisibilité des écritures pâlies.

  • Travailler en simultané grâce à la possibilité d’une prise en charge interne des opérations de restauration et de numérisation : le fonds Inde série B

Ces archives produites entre 1690 et 1789 sont constituées de 6 870 dossiers répartis dans 74 cartons d’archives.  

Leur état de conservation est hétérogène et aléatoire : quelques unités à quelques dizaines de folios par carton sont fragilisées par l’oxydation du papier et des encres, de manière discontinue au sein d’un dossier. En réponse à ces contraintes, les Archives nationales d’outre-mer ont fait le choix de réaliser ces opérations en interne, grâce à la prise en charge simultanée des documents par les deux ateliers – atelier de photographie et atelier de restauration –, et de les programmer sur plusieurs années.

Photographie représentant le contenu d’un carton après sa préparation à la numérisation
Fonds FR ANOM Inde B, contenu d’un carton après sa préparation à la numérisation : seuls quelques folios nécessitent une consolidation, mais elle est indispensable pour la manipulation - © Atelier photographique des ANOM

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